Affalés dans mon coucouche-panier, Pato, Bébé et ma tite pomme, on s’écoutait «Bird», le grand Charlie Parker, dans une interprétation tendre et lyrique de Lover man. C’est là qu’a débarqué Charly, le nôtre cette fois-ci, pas l’as du saxophone.

12358004_1532711563705857_480362972_n (1)Raul tou es ouné faux-yetonne, ouné balancé ! – Du coup, interloquée la musique s’est arrêtée toute seule. Pas question de laisser passer ça…

– Non mais tit Charly ? Qu’est-qu’ t’as bu, du jus de calembredaines avec du marc de clous rouillés et élixir de pataralfion ?  L’était colère le Charly !

– Oui, euh… Tou a dit à M’man Delphiné qué y avais vou des danseuses noues avé lé ventre qui fait les ronds ! 

–  J’ai jamais parlé à ta m’man, elle est pas télépapatte ?

–  Non mais elle l’a lou dans la press’, dans ta féyeu dé chou ! – J’y voyais plus clair

– Ah, mais elle regarde les tites nouvelles de l’Immortel sur Fesses-de-bouc !

–  Tou vois, tou z’avoue, faux-cou, pourritoure !

–  Et la liberté de presse Charly ?

–  Yé mé la met  à hauteur de ce qu’elle est, ta prech’ ! Tous pourris, vendous les yournalisses…

–  Même moi Charly ?

– « Bien sour qué non, toi tou es mon pétit frère ! Tou peut fair’oune tité place et remettr’ la mousique ? 

Pas à dire, l’info c’est beau mais pas sans danger. Une balance c’est autre chose !

–  Tu connais Mateo Falcone, Charly ?

 Lé Corsé de Mérimée qu’il était Prosper ?

 –  C’est ça même ! Une balance, c’est son fils Fortunato. Pour une montre, il dénonce Gianetto, lequel avait demandé à Mateo Falcone de le cacher ! Gianetto accuse Mateo d’être un traitre, la plus grande injure pour un Corse et un Falcone. Les gendarmes partis avec le Gianetto, Mateo aperçoit la montre du vendu ! Furieux, il arrache la montre à Fortunato et la brise en miettes. Y prend le fusil et dit à Fortunato de le suivre malgré les supplications de Giuseppa, la mère. Arrivés dans un petit ravin, il fait dire ses prières à Fortunato et lui tire un coup de fusil qui l’étend raide mort !

– Son garçonne à loui ?

–  Eh oui, tit Charly, c’est le sort des balances, le prix de la trahison

Ben dis donc, y sont un pé roudes chez les Falcone ! 

–  Question d’honneur tit Charly. Ça peut faire agir les hommes comme des zhumains, là, forcément, ils s’abaissent !

– Là-dessus, on a mis en perce, un barriquot de jus de calembredaines, qu’on a bu avec une tite goutte de pataralfion.

Burp et hips et gros bisous pour nos mamans et tantines : Raoul T’Choupinou 

(avec le concours de JC, chihuahuaste)

BLOGABIBI

Nous avons décidé de faire vivre Raoul alias T’Choupi au travers de ce Blog car il reflétait à lui seul toutes les raisons pour lesquelles cette association existe : le trafic de chien, la lâcheté de l’abandon dans la rue, la négligence des soins menant à une forme de maltraitance, le désintérêt pour les animaux âgés et notre impuissance à tous les sauver…

Raoul devient donc la voix de tous ces laissés pour compte, la voix de Teddy, de Roméo mais aussi celle de Charly et de tous ces chiens qui arrivent trop tard dans les associations, trop tard pour profiter d’une nouvelle vie…

Raoul vous racontera, avec ses yeux de chien, la vie de sos chihuahua, les chiens à l’adoption, les heureux adoptés mais aussi ce qui le met en colère et ce qui le rend heureux…