La basse de Caramel soutenait le timbre de notre soprano, notre divine Angy. La chorale répétait le célèbre « oratorio » du XVIIème siècle de Jephté de Carissimi, pour six voix et basse continue… Au final, j’accordai cinq minutes de pause

Je parie que jamais meute n’a aussi bien chanté, a fait Lady !

– C’est que tu n’as jamais entendu la meute des Buiyards, ai-je rétorqué.

Jamais entendu parler ! Racontes tit Raoul

chien– Cette histoire, ma foi, devrait pas vous déplaire…. Le château des Buiyards autrefois, disposait d’un équipage des plus remarquables. L’un de ses chiens en était la fierté, un anglo-français splendide dans sa robe blanche et noire. On le distinguait du reste de la meute par ses hérigotures feu aux postérieures.  « Fierot » ainsi l’avait baptisé La Chênaie, le vieux  piqueu du domaine.

Fierot en était à la fin de son parcours. En avait-il connu des chasses, le Bois, l’Attaquer, les Honneurs… L’avait-il suivi et souvent devancé, son maître dans les grands Laisser-courre. Depuis quelques temps, ses forces déclinaient. Le piqueu lui avait réservé un emplacement particulier dans le chenil, frais et chaud selon la saison, pour que le reste de la meute puisse suivre ses derniers enseignements. La Chênaie savait le pouvoir des chiens à parler entre eux, même en silence.

Fierot, un matin, sut que le moment était arrivé… Couché sur le flanc, il tenta de se relever mais rien n’y fit, ses pattes si souples, qui avaient connu tant de menées, de forlongers, ne répondaient plus. Sans une plainte, sans un cri, Fierot avisa un tas de bois à sécher à deux coudées d’où il reposait. Rampant, se trainant, dans un effort suprême qu’aucun être n’eût pu achever, Fierot atteignit enfin les billots. Il reprit son souffle de longues minutes et dans une ultime et incroyable contraction, le grand chien réussit à se redresser ! Fierot repassa dans sa tête sa vie intense de premier de meute, il voulait mourir debout face aux grands bois…

Le guillebot, le nouveau chef de meute s’approcha, queue basse en signe de respect et de soumission suivi par les autres chiens. Leur clameur puissante, triste et mélodieuse, s’éleva vers les Buiyards, si haut, si fort, que le vieux la Chênaie, au loin, larmes aux yeux, sut à cet instant que Fierot avait passé.

Raoul T’Choupinou.

 

(avec le concours de JC, chihuahuaste)

BLOGABIBI

<h4>Nous avons décidé de faire vivre Raoul alias T’Choupi au travers de ce Blog car il reflétait à lui seul toutes les raisons pour lesquelles cette association existe : le trafic de chien, la lâcheté de l’abandon dans la rue, la négligence des soins menant à une forme de maltraitance, le désintérêt pour les animaux âgés et notre impuissance à tous les sauver…

<h4>Raoul devient donc la voix de tous ces laissés pour compte, la voix de Teddy, de Roméo mais aussi celle de Charly et de tous ces chiens qui arrivent trop tard dans les associations, trop tard pour profiter d’une nouvelle vie…

<h4>Raoul vous racontera, avec ses yeux de chien, la vie de sos chihuahua, les chiens à l’adoption, les heureux adoptés mais aussi ce qui le met en colère et ce qui le rend heureux…